‘Les Alpes’ d’Élisée Reclus (2015) : sous peine d’amoindrissement (extraits)

Crédit : photo de l’auteur

Recueil de lettres et de textes d’Élisée Reclus, accompagnés de textes de proches de l’écrivain géographe, l’anarchiste James Guillaume (1844-1916) et le cartographe Charles Perron (1837-1909), paru en 2015 aux Éditions Héros-Limite dans la collection Feuilles d’herbe. Quelques extraits :

Certes j’ai plus vécu pendant une heure d’admiration devant les rochers et les neiges de la Jungfrau que pendant de longues semaines à Paris ou à Sainte-Foy. (…)

Depuis que j’ai vu la Wengernalp, je n’ai plus qu’un vœu : la revoir avec des amis à mon bras.

Elisée Reclus, extrait d’une lettre à sa mère (Sainte-Foy, 30 septembre 1859)
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Enfin, c’est au pied des hautes montagnes que les lacs se montrent dans toute leur beauté. Les torrents y descendent en rapides et cascades ; des vallons verdoyants se penchent çà et là vers le bassin ; les contreforts abrupts des sommets plongent sous les eaux, et les rivages dessinent entre les caps des baies gracieusement arrondies. Par l’harmonie et la variété de lignes qu’offre leur pourtour, ces lacs semblent un trait nécessaire du paysage et leur surface horizontale donne par le contraste un aspect plus superbe aux montagnes environnantes.

extrait de « Lacs alpins », in La Terre. Description des phénomènes de la vie du globe. Tome I. Les Continents, Paris, Hachette, 1869.
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On sent que, sous peine d’amoindrissement intellectuel et moral, il faut contrebalancer à tout prix, par la vue des grandes scènes de la terre, la vulgarité de tant de choses laides et médiocres, où les esprits étroits voient le témoignage de la civilisation moderne. Il faut que l’étude directe de la nature et la contemplation de ces phénomènes deviennent pour tout homme complet un des éléments primordiaux de l’éducation (…)

La science, qui transforme peu à peu la planète en un immense organisme travaillant sans relâche et pour le compte de l’humanité, par ses vents, ses courants, sa vapeur d’eau, son fluide électrique, nous indique aussi les moyens d’embellir la surface terrestre, d’en faire le jardin rêvé par les poètes de tous les âges.

extrait de « Influence de l’homme sur la beauté de la Terre », in La Terre. Description des phénomènes de la vie du globe. Tome II. L’Océan – L’Atmosphère – La Vie, Paris, Hachette, 1869

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